La condition des femmes et la résolution 1325 de l’ONU

Il a fallu attendre le 21e siècle pour que les femmes prennent leur place aux yeux du monde et qu’enfin, les Nations Unies leur reconnaissent un rôle clé dans les processus de décision. Considérant les conditions de vie inhumaines subies spécifiquement par les femmes du monde entier, l’ONU a émis une résolution demandant aux états membres de mettre en place des mesures effectives pour un changement notable de cette situation.

C’est grâce à la résolution 1325 que les femmes disposent enfin d’un moyen de pression au niveau mondial.

Regardons de plus près quels sont les enjeux liés à la condition des femmes…



Par Nonggol S. Darapati, PNYV! Indonésie

 

Alors que les femmes constituent la moitié de la population mondiale, leur représentativité au sein des organisations internationales, telles que les Nations Unies, est bien moindre que ce que l’on aurait pu espérer. Depuis le début du XIXe siècle, les femmes ont entamé une lutte pour faire entendre leur voix, en commençant par revendiquer le droit de vote. C’est en 1848, à Seneca Falls, dans l’état de New York, que la première convention officielle des femmes s’est tenue. Cette convention devrait ouvrir la voie à une montée en puissance du rôle des femmes dans le monde.

Source : http://www.worldbook.com/features/whm/html/whm010.html

 

Pour en savoir plus sur ces femmes courageuses qui ont joué un rôle clé dans l’histoire du XIXe siècle : http://www.worldbook.com/wc/pquiz?10/q/whm

 

La situation actuelle

Le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) est une des organisations internationales en charge des questions liées à la condition des femmes. Toutefois, à l’inverse d’autres agences de l’ONU, le financement d’UNIFEM est restreint à environ 40-50 millions de dollars US par an (à titre de comparaison, l’UNICEF reçoit un financement annuel de 2 milliards de dollars US pour ses programmes liés à l’enfance et le PNUD reçoit 4 milliards de dollars US pour ses programmes de partenariat avec les gouvernements). Cette comparaison est étonnante si l’on considère que les femmes représentent la moitié de la population mondiale et que le financement qu’UNIFEM reçoit est bien loin d’être suffisant.

À cela s’ajoute le manque, au sein même des Nations Unies, de femmes occupant des postes à responsabilité et à même de prendre des décisions importantes pour changer le cours des événements.

On peut alors s’interroger si cette sous-représentation des femmes leur permet de faire entendre leurs préoccupations et leurs opinions.

Pour en savoir plus sur UNIFEM et la façon dont vous pouvez agir, visitez : www.unifem.org

Source : www.cbc.ca/hottype/season05-06/lewistranscript2.htm

 

 

Progrès dans le domaine de l’égalité entre hommes et femmes

 

Les grands événements :

a) Les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) :

Le 8 septembre 2000, la déclaration des objectifs du millénaire pour le développement a été acceptée et adoptée, non seulement par l’ONU, mais également par ses états membres. Ces objectifs du millénaire pour le développement devront être atteints d’ici 2015.

Spécifiquement mentionnée dans cette déclaration, la promotion de l’égalité des sexes et la prise de pouvoir des femmes est l’objet du troisième objectif.

Source :

www.un.org/milleniumgoals/ (en français, http://www.un.org/french/millenniumgoals/index.shtml)

Pour plus de détails sur les objectifs du millénaire pour le développement : http://www.un.org/millennium/declaration/ares552e.htm (en français, http://www.un.org/french/millenaire/ares552f.htm)

 

b) La déclaration de Beijing

Rendue publique en septembre 1995, la déclaration de Beijing met en lumière le besoin d’autonomisation des femmes et l’engagement des dirigeants mondiaux à assurer « les objectifs d'égalité, de développement et de paix pour toutes les femmes dans le monde entier, dans l'intérêt de l'humanité tout entière ».

Pour le texte complet de la déclaration de Beijing, visitez :

http://www.un.org/womenwatch/daw/beijing/platform/declar.htm

 

 

Progrès dans les questions liées aux femmes :

 

(Paix et sécurité des femmes)

Le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Kofi Annan a déclaré que les femmes tenaient un rôle d’éducatrices de la paix, tant dans les familles que dans la société. Elles « construisent des ponts plutôt que des murs ».

« De nos jours, alors que les conflits sont devenus une menace pour l’humanité, il est temps de dépasser la culture de la guerre et d’atteindre une culture de la paix. » (UNESCO)

 

Avant tout, il faut réapprendre à construire et pérenniser une communauté. Traditionnellement, les hommes se sont concentrés sur la « société », et les femmes sur la « communauté ». Alors que les hommes étaient occupés à la guerre, les femmes se sont occupées de la vie du foyer, en s’occupant des enfants et des cultures. La plupart des sociétés (qui sont généralement fondées et dominées par les hommes) ne respectent pas les principes fondamentaux des Nations Unis en matière de Droits de l’Homme ou de droit du travail. Il reste un long chemin à parcourir pour les communautés, tant au niveau local qu’international.

Après plus de deux siècles de lutte pour la reconnaissance de l’égalité des sexes, un grand pas a été franchi le 24 octobre 2000. Pour la première fois dans l’histoire, une session du Conseil de sécurité des Nations Unies a été dédiée à la situation des femmes dans les périodes de conflits et post-conflit.

Sur la base de ces discussions, le Conseil de sécurité des Nations Unies a chargé le Secrétaire Général des Nations Unies de fournir aux états membres des lignes directrices sur la protection des droits et les besoins des femmes, ainsi que sur la nécessité de les impliquer dans les missions de maintien de la paix. Conscient du fait que les femmes et les enfants étaient les populations les plus affectées lors de conflits armés, le Conseil de sécurité a également demandé que les femmes et fillettes soient protégées des violences exercées contre elles dans de telles situations.

Enfin, le Conseil de sécurité a proposé qu’un plus grand nombre de femmes représentent l’ONU en tant que représentants spéciaux et envoyés au nom du Secrétaire Général.

 

 

Résolution 1325

Plus important encore est la résolution 1325 adoptée par les Nations Unies le 31 octobre 2000, qui assure que les droits des femmes sont protégées dans le monde entier et que les obstacles à leur participation dans les initiatives de promotion d’une paix durable soient abolis.

Ce qu’il faut savoir sur la résolution 1325 des Nations Unies :

Le texte complet est disponible sur : http://www.womenwarpeace.org/toolbox/toolbox.htm, et http://www.peacewomen.org/un/sc/1325.html.

L’un des éléments clés de ce texte, à garder en mémoire et utilisable dans bon nombre d’occasions : le Conseil de sécurité « demande instamment aux États Membres de faire en sorte que les femmes soient davantage représentées à tous les niveaux de prise de décisions dans les institutions et mécanismes nationaux, régionaux et internationaux pour la prévention, la gestion et le règlement des différends ».

« Lors de la réunion de Beijing en 1995, les gouvernements du monde ont défini un quota de 30% de femmes dans les postes au niveau de prise de décision » - « un objectif qui est loin d’être atteint dans les organismes décisionnaires dans les domaines de la paix et de la sécurité » - « les femmes sont constamment et notoirement sous-représentées dans les négociations de paix, et en sont même souvent totalement absentes ».

Toutefois, cette résolution offre un levier à différents groupes engagés dans ce domaine à des niveaux politiques différents et, bien qu’il reste de nombreux obstacles, une voie a été ouverte.

Source : www.un.org/news/press/docs/2000/20001031.sc6942.doc.html

 

 

(Femmes et éducation)

L’éducation joue un rôle majeur dans l’amélioration des conditions de vie et, pour un grand nombre de femmes dans le monde, elle reste inaccessible. Grâce à l’éducation, les femmes atteignent un meilleur niveau de compréhension des options de vie qui s’offrent à elles et ne doivent plus se soumettre à des mariages forcés ou des travaux sous payés pour survivre.

Il est remarquable d’observer que les taux de natalité ont largement diminué dans les pays en développement tels que le Brésil, l’Inde, l’Égypte ou le Mexique, parce que les femmes sont mieux informées sur les conséquences d’une descendance nombreuse sur le niveau de pauvreté ou le manque de ressources. Aujourd’hui, les femmes de ces pays en développement ne pensent plus comme le faisaient leur mère dans les années 1960 et ont moitié moins d’enfants.

Source :

www.unfpa.org/news.cfm?ID=151

www.prb.org/Content/NavigationMenu/PRB/Educators/Human_Population/Women/The_Status_of_Women1.htm

 

 

(Femmes et économie)

Afin de permettre aux femmes de sortir du piège de la pauvreté, il est vital de leur donner un rôle économique plus important. L’initiative de l’ONU au Rwanda, qui a permis à un groupe de veuves de vendre leur artisanat sur le marché international, en est une bonne illustration. Mentionnons également le projet du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme en Jordanie qui se propose de former des femmes entrepreneurs à saisir les opportunités offertes par le Département du tourisme.

Le gouvernement roumain a également élargi l’accès à des nouvelles formes de crédit pour les femmes, alors que dans la région Asie-Pacifique, des organisations de migrants-travailleurs ont lancé un programme d’épargne et d’investissement pour les personnes rentrant dans leur pays.

Source :

www.unifem.org/gender_issues/women_poverty_economics/at_a_glance.php

 

 

Quelques données sur les progrès réalisés :

Israël a été le premier pays à inclure la résolution 1325 dans sa législation nationale.

Les premiers bureaux pour l’égalité des sexes ont été créés en 1999 dans le cadre des missions MINUK au Kosovo et UNMISET au Timor Leste.

Le prix Nobel a été attribué à 12 femmes - seulement !

En 2003, 7 des 18 juges nommés à la Cour Pénale Internationale étaient des femmes.

Le droit de vote accordé aux femmes au Koweït.

Le système de microcrédits a permis à des femmes défavorisées dans le monde entier d’accéder plus facilement à l’épargne et au crédit. http://www.grameen-info.org/

Source :

Des Faits et des Chiffres. Les Femmes, la Paix et la Securité. (www.un.org)

www.globalissues.org/HumanRights/WomensRights.asp

 

Combien de « grandes femmes » connaissez-vous ?

Si Lady Diana et Mère Theresa sont les seules qui vous viennent à l’esprit quand vous pensez aux femmes qui ont laissé une trace dans l’histoire, réfléchissez encore. De nombreuses femmes ont marqué leur temps et méritent d’être reconnues, découvrez-les : http://learningpartnership.org/viewProfiles.php?slashSess=f5182a703ad6431204086b947b7ddcb8

« Femmes de paix autour du monde » est l’initiative la plus récente qui propose la nomination de 1000 femmes pour le prix Nobel de la paix pour leur projet. http://www.1000peacewomen.org/ Une grande collection de cartes et de profils peut être commandée sur ce site, pour organiser des expositions et aider à élargir ce mouvement.

La nominée canadienne, Julia Morton-Marr travaille sur le développement durable dans le domaine de l’éducation, en demandant aux éducateurs de mêler les concepts de développement durable et d’éducation de la paix car « il ne peut pas y avoir de développement durable en l’absence de paix ». Julia a créé le premier cursus holistique d’éducation sur le développement durable mondial dont le nom parle de lui même : International School Peace Gardens : http://www.ihtec.org.  

 

 

Pourquoi l’autonomisation des femmes est-elle vitale ?

Dans la mesure où les femmes représentent la moitié de la population mondiale, leur autonomisation permettrait de réduire la pauvreté de façon considérable. Leur donner accès à une bonne formation, au travail et à des opportunités permettrait de contribuer à la croissance sociale, économique et environnementale dans le monde. Les principaux problèmes liés à la pauvreté, à la faim et à la natalité sont interdépendants et constituent un cercle vicieux qui peut être brisé. Les dirigeants mondiaux reconnaissent à présent les enjeux du rôle des femmes dans le monde et ont réaffirmé leur engagement pour l’égalité des sexes lors du Sommet du Millénaire de l’ONU et dans la déclaration de Beijing.

Source : www.unfpa.org/news.cfm?ID=151

 

Les femmes sont capables de réaliser de grandes choses et leur exclusion revient à priver le monde d’une moitié de son potentiel.

Les progrès réalisés durant les 200 dernières années ont prouvé que les femmes ont su saisir les opportunités offertes pour réussir.

Mais si des progrès ont bien été réalisés mais sont encore insuffisants. La proportion de femmes dans les positions dirigeantes reste minime et elles ne sont toujours pas traitées sur un pied d’égalité avec les hommes.

Il est important que l’ONU et les états membres reconnaissent cet état de fait, et aillent de l’avant en apportant un soutien fort, tel que l’augmentation des budgets pour les programmes destinés à la promotion des femmes. Les objectifs du millénaire pour le développement, la déclaration de Beijing et la résolution 1325 ont constitué les premières étapes et, alors que les femmes restent sous-représentées et peu entendues au niveau mondial, il est temps que le monde prête enfin attention à leurs voix.

 

Égalité pour tous…

 

Traduction : Noémi Monin

Révision : Gabrielle Thevenon

 


Links:

Des liens sur les questions liées à la promotion des femmes sont disponibles sur : www.unifem.org

Les grandes dates du mouvement féministe : www.legacy98.org/timeline

Association pour les droits des femmes dans le développement : www.awid.org

 

Publications et articles concernant les droits des femmes :

Les femmes en tant que question globale:

www.globalissues.org/HumanRights/WomensRights.asp

Résolution 1325 annotée :

www.womenwarpeace.org/toolbox/annotated_1325_fr.pdf

Autres informations sur des questions globales : www.worldwatch.org



Related news:

More articles in this category:

Pas d'article dans la liste.



<- Back to the news list